Dimanche 26 février 2012
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En Amérique, c’est bien connu, tout est plus grand. Alors, quand la France médicale se réveille toute nue, et encore saoule, dans les bras d’un Jacques Servier aux
yeux brillants qui lui susurre à l’oreille que la sécurité humaine c’est bien, mais que le business c’est mieux, en Amérique, les labos voguent déjà vers des horizons plus lointains.
Faire faire des essais thérapeutiques dans des pays pauvres, créer de vraies-fausses maladies (mais de vraies prescriptions) en bidouillant les critères
diagnostiques, cacher des risques connus en spéculant sur le coût des procès à venir, saigner les assurances maladies en vendant à prix d’or de fausses nouveautés (ah ? bah, si ça crée des
emplois...), corrompre des universitaires, acheter (ou créer de toutes pièces) des associations de patients, si ce n’est des députés, et quelquefois des ministres, ils savent faire, et même
plutôt pas mal, mais ils avaient besoin de quelque chose de plus beau, de plus noble, de plus grand.
Au rayon intergalactique il n’y avait rien. Alors il se sont rabattus modestement sur le
planétaire.
A en croire le récit du journal Le Monde daté du 18 février dernier, un pense-char, pardon un think tank nommé Heartland Institute (le
pays du coeur... ça ne s’invente pas), est une des principales organisations de lobbying climatosceptique. Ils agissent via des tribunes de presse, des blogs, des conférences (parfois jusque dans
des lieux prestigieux tel l’Institut de Physique du Globe à Paris), afin d’influencer la perception du risque climatique par la population. Cela dès l’enseignement scolaire, mais aussi au travers
de publications tendancieuses d’allure scientifique et de rapports remis aux politiques. Le but : contrer, adoucir, occulter, aplanir toute information jugée «alarmiste» (qu’elle soit pertinente,
réelle, scientifiquement consensuelle importe peu, on l’aura compris), avec pour objectif manifeste le maintien en l’état de tout ce qui se pratique aujourd’hui, dans tous les domaines et
en particulier dans les industries qui ont un bénéfice direct (à court terme...) à ne rien changer.
Tout cela coûte évidemment énormément d’argent, le budget du machin se monte à 7,7 millions de dollars pour 2012. Dans la liste des généreux donateurs, jusqu’ici
tenue confidentielle et révélée grâce à des fuites, on retrouve sans surprise un conglomérat pétro-chimique (mais pas de pétroliers), General Motors, des cigarettiers... Bref de grands
bienfaiteurs de l’humanité.
Mais on relève aussi, jusque là cloîtrés dans l’ombre par une pudeur qui force le respect - un tel souci de la discrétion en devient émouvant - les noms des firmes
pharmaceutiques telles que Eli Lilly (Prozac®, Zyprexa®, Cymbalta®...), Pfizer (Zoloft®, Effexor®, Champix®...), ou encore, mais la liste n’est pas exhaustive, GlaxoSmithKline
(Deroxat®...).
Amis, citoyens, patients, qui prenez des médicaments produits par ces entreprises, médecins qui les prescrivez, soyez heureux : grâce à vos achats vous contribuez à
la désinformation active sur le changement climatique, ses causes et les moyens d’y faire face.
BG
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