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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 11:52

 

maison parents

 

Ce livre n'est pas d'aujourd'hui mais l'ami Fred me l'a mis entre les mains récemment. Assez court, l'ouvrage touche au cœur. Tous ceux qui ont eu à affronter ce genre de moments en savent le goût amer, lorsque les larmes tombent sur les sacs de vêtements que l'on descend une dernière fois des armoires. Cambrioleur obligé éternuant dans l'intimité désormais légitime, fouillant derrière le décor, parmi les décombres poussiéreux de ceux qui furent à la fois les plus proches et les plus inaccessibles des êtres : les parents. Ceux qui ne savent pas, sauront un jour. Ceux qui ne sauront jamais, enfants de migrants parfois, de déportés, d'incendiés... seront exemptés de ces tâches infinies, mais l'auteure souligne combien leur fardeau n'est pas moins douloureux. Les objets sont autant de symboles qui nous aident à garder l'équilibre au-dessus des précipices. Leur accumulation, leur tri, leur départ nous aident à mesurer les lentes progressions libératrices du deuil.

 

L'auteure, psychanalyste, nous confie ici ses émotions et ses pensées quasi brutes, sans jargon, sans tentative d'explication ou si peu. Ce minimum finalement suffit à nous entraîner dans nos propres confrontations intérieures, dans nos glissements méditatifs. Ce n'est pas un ouvrage technique sur la psychologie du deuil, peut-être juste un moteur auxiliaire dont on s'aidera pour réfléchir ou, si l'on est concerné, pour avancer quand on n'y arrive plus vraiment.

 

En filigrane elle nous rappelle ainsi que le deuil est une affaire d'émotions, et de temps. Ces mots aident parfois à fermer les cartons, mais ils sont à bien des moments impuissants. Et contrairement aux directions où notre société nous pousse – jusqu'à certains confrères – il n'y a pas de deuil rapide, ni rigolo. Cela se termine-t-il vraiment un jour, nous interroge ainsi Lydia Flem ? Ouvrage précieux, à lire avant, pendant ou après ces traversées inévitables : on est moins seul.

 

BG

 

« Comment j'ai vidé la maison de mes parents » (Lydia Flem, Seuil, 2004)

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Published by Bertrand Gilot - dans La psychiatrie pour les nuls
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commentaires

Michèle 18/12/2011 20:49


Bonsoir,


Je réagis un peu tard à ce billet mais il se trouve qu'il me touche personnellement maintenant, j'ai dû m'occuper de vider la chambre de ma mère cette semaine et ça m'a troué la poitrine... Je
vais donc m'offrir le livre pour Noël, merci pour le conseil.

Bertrand Gilot 23/12/2011 22:29


Disons que ça permet de ne pas arrêter complètement de penser, c'est déjà ça... je vous souhaite beaucoup de courage. BG


Albertine 03/11/2011 11:42



A défaut d'être une "vraie cinéphine" - je suis beaucoup plus bibliophile - et encore moins technophine, puisque mon commentaire visait le post "du gilot à l'étoile jaune, etc.",  je ne
m'endors jamais devant un film, aussi mavais soit il, je quitte la salle.



Albertine 01/11/2011 23:10



Ce long billet (en dépit du titre, mais, foin de la longueur, ici elle n'est pas délayage futile...) me touche infiniment, coincé là, entre une critique cinématographique qui encourage la
cinéphile qui sommeille ne moi, et une évocation littéraire : situation que je ne vivrai jamais. Touchée infiniment.  De l'allusion baudelairienne "mon semblable mon frère" au réalisme de la
relation.


Pas vu à la télé, nulle estampille, quand on, ils ne veulent pas voir, ils ne voient pas... Et la bêtise ?


Et je, on se sent parfois comme un bord d'autoroute en détresse, sur lequel personne ne s'arrêterait...


Billet juste


 


 



Bertrand Gilot 02/11/2011 22:59



Attention Albertine, une vraie cinéphine ne sommeille pas - ou alors devant un nanar avéré, et encore...



Leonie 27/10/2011 19:19



Je crois que le problème des souvenirs se pose pour n'importe quel décès. Des parents qui perdent leur enfant doivent vider la chambre, se débarasser de tout ce qui lui appartient. J'ai une amie
qui a déménagé après la mort de sa fille, elle ne pouvait plus supporter la maison où elle avait vécu avec son enfant.  Le problème de la mort est plus grand pour celui qui reste et qui
doit faire son deuil, si certains le font d'autres n'y arrivent pas. Celui qui part s'inquiète pour celui qui reste ou alors s'accroche à ses biens, celui qui reste s'accroche à celui qui part,
bref le problème reste crucial des deux côtés. Le deuil serait plus simple pour l'être humain s'il savait qui il était vraiment, ce ne serait plus un drame pour lui.


Le titre de ce livre n'est pas banal, et il traite d'un sujet que l'on aborde peu et pour cause!