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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 01:12


Oui je sais mon titre racole un peu, mais l’heure est grave : j’ai failli m’étrangler en tombant sur cette dépêche (brièvement reprise notamment par Le Monde et trop peu commentée) qui témoigne en surface, des reflets que notre sondocratie aime à scruter dans son miroir médiatique, et en profondeur d’un malaise certainement plus grave qu’il n’en a l’air : 51 % des Français, dame ça fait du monde, « ont une image négative des jeunes ». Au hasard, j’aurais plutôt dit 53 % mais on n’est pas là pour parler de politique. On nous dit ainsi que 70 % des sondés trouvent les jeunes « individualistes », par exemple. La méthodologie du sondage de l'AFEV prête un peu à critique (sondage sur un échantillon réputé représentatif, mais via internet) mais il n’empêche, le choc est là.

Je suis glacé de voir ici la confirmation d’une tendance que je craignais, mais que je persistais à voir comme un pur produit de mon mauvais esprit. Je me disais que ce ne devait pas être si grave que ça, mais c’est pourtant la réalité : ils n’ont rien compris. Ils (et elles bien sûr), ce sont ceux qui ont arrêté d’être jeunes, il est bien difficile d’en fixer la limite précise évidemment mais à la louche, disons, ceux qui sont nés avant le début des années soixante. Il faut que je fasse attention moi-même, mon assureur m’a récemment confirmé par ses tarifs qu’il me trouvait moins jeune qu’avant (moins cher pour la moto, plus cher pour la mutuelle…), et puis aussi je commence à trouver que les ados s’habillent bizarrement (signe indubitable de mon appartenance à l’âge adulte), mais jamais je ne m’aventurerais à lancer un jugement aussi détestablement péremptoire sur « les jeunes ».

On peut les défendre, on va trouver des tas d’exemples qui démontreraient que non, les jeunes ne sont pas plus individualistes que dans ce supposé paradis perdu des décennies précédentes, on va parler des associations, des engagements humanitaires (si fréquents chez les quinquagénaires, c’est bien connu…), des projets artistiques collectifs, de l’utilisation parfois maladroite mais souvent riche malgré tout des réseaux modernes de communication. Mais ils sont assez grands pour le faire eux-mêmes, alors par pure provocation je ne citerai que les rave party, ces rassemblements extrêmement massifs sur lesquels on a tout raconté, tout stigmatisé, tout critiqué, sauf à mon sens le plus important : pour exister ces événements nécessitent un très fort réseau de liens, une organisation, une cohérence, une direction, une adhésion collective mais libre à la fois, et il s’y déroule bien moins de drames, quoi qu’on en dise et malgré des consommations toxiques impressionnantes, que dans la moindre soirée de football de première division (sans même parler de la violence, du racisme et autres glorieuses valeurs véhiculées par ce type de « sport »…), ce qui témoigne sans doute d’une grande capacité de respect mutuel et, osons le mot, d’une certaine maturité même au cœur de l’excès.

Mais on peut surtout, ils le méritent gaillardement après lecture de ce sondage, attaquer les autres, les « vieux », enfin du moins ces consternants 51 %. Qui sont-ils pour se poser ainsi en donneurs de leçons omniprésents, omnicompétents, omnimoralisateurs ? Qui sont-ils pour juger des problématiques d’aujourd’hui à travers des filtres aussi démodés ? Quand on a vécu, alimenté, habité (et donc cautionné), une société pétrie de clivages aussi violents que résistants/collabos, FLN/OAS, pro/anti-avortement, pro/anti-peine de mort, quand on a attendu 1948 pour donner le droit de vote aux femmes (et 1997 pour juger Papon, ou 1986 pour dissoudre le peloton voltigeur motorisé…), comment peut-on porter un avis aussi hautain sur une jeunesse qui s’encombre si peu de savoir de quel village, de quelle religion ou quel milieu social viennent ses voisins de banc à la fac ? Et puis la guerre froide qui a alimenté les peurs du temps de leur âge d’or vaut-elle plus, ou bien vaut-elle moins, que les infinies réverbérations du 11 Septembre qui bercent la jeunesse française d’aujourd’hui ? Et
quand on a contribué à saloper la Terre à qui mieux-mieux (écologiquement, socialement, avant ou après la colonisation…), de quel droit méprise-t-on une génération montante qui semble enfin (un peu) plus consciente de ses actes ? Quand on a fêté la construction des barres HLM à perte de vue (« ah oui mais il y avait des salles de bain, au moins… ») et les autoroutes intra-urbaines, quand on a applaudi la déshumanisation des centres-villes au profit de monstrueuses zones commerciales asphaltées « parce que c’est plus pratique pour se garer », quand on a considéré que 700 m2 de planète par personne c’est un droit imprescriptible, et que le bon voisin est un voisin dont ne sent pas l’odeur du barbecue, quel regard ose-t-on poser sur une génération montante réduite à stagner et qui – la faute à la médecine – doit parfois attendre d’avoir 65 ans pour hériter de ses premiers euros d’aide à l’installation ? Ah, on peut bien leur jeter du syndrome de Tanguy à la gueule ! Ah ouais tiens, ils restent chez papa-maman à 28 ans, bizarre non ? Salauds de jeunes ! profiteurs ! En plus ils s’abritent encore sous la mutuelle à Papa, faudrait pas abuser ? Mais il faut vraiment avoir de la fange dans les yeux pour ne pas être au courant qu’aujourd’hui, un jeune diplômé commence sa vie active par des stages infinis et plus ou moins bénévoles, des périodes d’inactivité subie, des contrats précaires, tandis qu’un jeune non diplômé connaîtra le même parcours, grosso modo, mais au black. Comment font-ils pour ignorer que le temps est terminé où il suffisait de vouloir pour avoir du travail, de travailler pour réussir, et d’être un peu plus malin que les autres pour s’enrichir ? Et pour ne pas savoir qu’aujourd’hui habiter coûte trop (qui accède à la propriété sans héritage ni soutien familial, dans les grandes villes ?), manger coûte énormément, s’habiller devient vertigineux – sans même compter avec la multiplication étourdissante des tentations mercantiles ? C’est vrai à la fin, c’est pas parce qu’on gagne 900 € par mois avec un loyer de 500, qu’on ne peut pas se payer des lunettes et une couronne dentaire tous les deux ans, non ? Ce genre de raisonnement totalement à côté de la plaque me fait penser à ces piliers de bistrot (ou de repas familial…) qui beuglent entre deux verres de Sauvignon (ou de Médoc, c’est selon) que les types qui sont en prison « ne devraient pas se plaindre, ils ont la télé tout de même  ».
Et c’est pareil pour la vie privée : ceux qui ont connu au choix, la Stabilité Eternelle du Couple Garantie par la Religion, ou bien les grands dérapages libertino-déglingués post-Woodstock se rejoignent pour oser, sans honte aucune, émettre des avis définitifs sur les turpitudes amoureuses d’une génération à qui l’on enseigne dès avant la puberté que aimer peut tuer, d’une manière bien plus menaçante que ce que tous les syphilitiques du troisième Empire n’ont jamais ressenti. Bref, la rhétorique de cette fraction du pays est toujours la même : nous on a fumé tout ce qu’on a su, et au-dessus de votre berceau encore et dans les couloirs de la maternité, mais vous c’est terminé, ça donne le cancer et puis c’est nous qui paye. Nous on a roulé bourrés durant toutes nos études, mais vous attention y a Sam qui veille, pas de blagues. Pareil pour la vitesse, et pour toutes les griseries dont on prétend spolier les nouveaux locataires du monde. La griserie, voilà la drogue magnifique dont ils se sont goinfrés et qu’ils veulent interdire aux autres.
Et je ne parle pas de la rengaine rancie du rutabaga et de la chicorée,– je mélange un peu, mais pas tant que ça, vous allez voir – privations mythiques autant qu’éphémères qui viennent légitimer cinquante ans de consumérisme débile et autosatisfait, de la yaourtière électrique à usage unique jusqu’aux vacances aux Seychelles CO2 inclusive (rarement choisies par les moins de 25 ans - sans doute trop occupés par leur « individualisme »). Allez, je vous échange votre baril de topinambours contre ma baguette surgelée au blé OGM cuite à l’électricité nucléaire et je vous file en bonus mon shampooing aux paraben, tope-la ? Ils n’ont rien compris, ils ne comprennent rien, c’est désespérant. Ils ne comprennent même pas leur ridicule quand dans la même phrase ils accusent les Chinois de « déstabiliser notre économie» et vous vantent ce T-Shirt acheté cinq euros à l’hyper du coin, ou ce tournevis électrique payé 3 euros avec les embouts adaptables et une batterie de rechange. A désespérer. Ils ne comprennent pas mieux l’indécence qu’il y a à fustiger le moindre indice de ferveur religieuse chez les Musulmans, forcément fanatiques ils l’ont dit à la télé, alors qu’eux-mêmes ont déserté sans se retourner les églises où ils furent baptisés, sans même la pudeur de réaliser qu’ils ont jeté le bébé de la spiritualité avec l’eau du bain d’un rituel dogmatique. Oui la pudeur, c’est ça, il leur manque la pudeur.

Je pourrais continuer encore longtemps comme ça, en déclinant mille aspect de la vie de notre société et mille hypothèses psychosociomachin, mais ça me fait des aigreurs à l’estomac, et puis je sais au fond que c’est pas bien, et que la stigmatisation d’une catégorie n’est que rarement porteuse d’espoir. J’ai parfaitement conscience que ce portrait au vitriol d’une paire de générations est excessif. Malheureusement il n’est excessif que sur un point : on ne trouve pas l’ensemble de ces travers chez tous le monde… mais ils sont largement répandus quand même. On en trouve des bouts, des grumeaux, des parcelles chez de nombreux concitoyens démasqués par leurs ridules, de tous bords politiques, de toutes conditions, de toutes origines, qui semblent décidément avoir loupé une marche entre deux époques.
Tout cela ne serait qu’anecdotique si cette tranche de la population n’occupait pas, actuellement, la quasi-totalité des postes de pouvoir, de direction, d’administration, de pilotage du pays, qu’il s’agisse des cadres et dirigeants des grandes entreprises, des administrations publiques, des hôpitaux, des élus de la République, etc. Ce sont eux qui évaluent, décident, tranchent, recrutent, forment, nomment… toujours sur des critères définitivement périmés, et avec une large part d’autocongratulation, et avec une belle imperméabilité à toute remise en cause. Qui confondent audace et autoritarisme, expérience et mauvaises habitudes, élan créatif et bricolage besogneux. Eux qui rêvent d’un circuit de Formule 1 dans une zone dédiée à l’agriculture biologique. Eux qui se félicitent du nombre d’Africains expulsés à coups de pieds dans le ventre. Eux qui thésaurisent et finissent par tout figer au lieu de transmettre et partager, comme si le jeune était forcément un rival plutôt qu’un successeur légitime - un peu comme ces mères déclinantes qui se déguisent dans les fringues de leur fille adolescente : l’argent bien sûr ne circule plus, mais non plus les responsabilités, les déroulés de carrière, les horizons. (*)

Le titre de l’article était accusateur et un rien brutal, la conclusion se doit d’être plus ouverte. Quoique. Ces 51 % que j’ai apostrophés doivent finir par réaliser qu’à moins de fortifier et armer en vue de lourds combats leurs futures maisons de retraite, il va bien falloir composer, et cela sans attendre d’être sauvés par le gong de l’Alzheimer. Il va bien falloir lâcher du lest. Des sous, des libertés, des postes… et, surtout, rêvons un peu, un dialogue authentique et respectueux, délié de l’insupportable condescendance moralisatrice si souvent observée dans les rapports entre générations actuellement, en particulier dans le monde professionnel. Car le malaise est intense, il traduit une souffrance, des peurs, des attentes inassouvies. Probablement des deux côtés de la ligne me direz-vous, mais comment nier que le premier arrivé a toujours une part plus grande de responsabilité ? Si la fissure s’aggrave il y aura fracture, et elle fera mal : chacun le sent, je crois. Une guerre civile intergénérationnelle ferait assez mauvais genre dans les futurs manuels d’histoire. Mais si les yeux s’ouvrent enfin, si les oreilles se débouchent, si l’expérience est enfin transmise – avec sincérité - si la tentation hallucinée d’étouffer sa propre progéniture est enfin écartée, alors il y a peut-être moyen de faire quelque chose d’intéressant : ensemble.

Chiche ?









(*) à part : si un jour j’ai le temps je vous parlerai aussi de la Caisse de retraite des Médecins de France (CARMF) dont les rédactionnels sont pétris de valeurs et de menaces qui ne sont plus les nôtres : à les lire on se se croirait en pattes d’eph devant un papier peint à fleurs oranges, les chars Russes à nos frontières, éructant qu’il est urgent faire payer les jeunes installés pour les vieux qui n’ont pas cotisé… mais c’est une autre histoire.

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Published by Bertrand Gilot - dans Société
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commentaires

leonie 28/11/2009 16:02


Le vrai problème c'est qu'il y des vieux cons et des jeunes cons et que beaucoup de gens croyant tout savoir ou être au dessus de tout soupçons ont une manie de mettre tout le monde dans le même
sac. Il y existe des jeunes qui côtoient des anciens sans problèmes, sans doute parce que dans les deux clans il y a du savoir vivre. PS je connais dans mon entourage des vieux qui volent mais
volaient déjà étant jeunes, donc des kleptomanes en sorte.
Je pense que les deux générations ont besoin l'une de l'autre et qu'il ne faut pas tuer ce lien.


Sevi 28/11/2009 08:52


Je tombe par hasard sur votre site et votre article... tout à fait d'accord avec vous j'ai parfois l'impression d'être un ovni parce que je suis jeune... notamment dans les magasins, un vigil me
colle souvent aux fesses pour vérifier que je ne vole rien (pourtant je n'ai pas particulièrement une tête de voleuse pour un vigil...) le jeune = voleur ce n'est qu'un petit exemple mais ça
m'exaspère...


Bertrand Gilot 28/11/2009 10:41



Un souvenir pour la route : je fais la queue dans une pharmacie, un vieux monsieur en imperméable, le menton tremblotant et la canne mal assurée juste devant moi. Son regard, vif, furète dans
tous les sens. La pharmacienne, tout sourire, l'accueille avec tout la siruposité dont elle est capable, il marmonne une vague demande d'aspirine. Ses mains tremblotent... mais visent précisément
diverses les babioles posées en avant du comptoir... Personne ne l'a vu. Personne ne l'a soupçonné. Personne n'y croirait je suis sûr, si on avait filmé. Et pourtant il est reparti les poches
pleines, sous les bravos de la commerçante compatissante. Je ne sais pas d'où vient ce mythe selon lequel les personnes âgées seraient forcément justes et respectables, et les jeunes agressifs et
malhonnêtes. Je ne sais plus qui a dit, d'ailleurs, que ce sont les vieux qui envoient les jeunes à la guerre... 

BG



Little Louise 24/09/2009 22:41


J'en sais rien. Mais mes référence de jeune rebelle inculte oisive profiteuse mal élevée et irrespectueuse me font citer Dedo le comique métaleux : les vieux, faudrait y mettre une date de
péremption...


Little Louise 24/09/2009 20:01


Ces jeunes... Je sais de quoi je parle : je viens de fêter mes 19 ans. Je suis une jeune fille calme, sérieuse, je fais des études qui font plaisir aux grand- mères, je ne fais pas d'excès, je suis
bien intégrée dans ma vie et dans mon club de sport et j'ai grandi dans une banlieue aisée, entre cours d'équitation, de plongée et vacances au soleil.
MAIS. Parce qu'il y a un MAIS. J'ai dix neuf ans, et parfois je suis pressée, alors je slalome à grandes enjambées sur les trottoirs, frôlant parfois une personne un peu âgée (genre plus de 65 ans,
non tapez pas !), et là, c'est le drame. Ces jeunes ne respectent rien, ils sont oisifs et ne pensent qu'à profiter, et c'est ça qui va payer les retraites. Ben oui madame, je me dépêche de passer
à la sécu régler un papier et je retourne en cours, pour avoir un job et payer VOTRE retraite. Ou bien, en partant à l'entrainement avec mon très gros sac de sport, je mets un peu de temps à
libérer mon siège pour une vieille dame. Croyez le ou non, je me suis faite engueuler comme du poisson pourri.

Heureusement, il y a les bonnes surprises. La mamie carabosse du bus s'est faite vertement reprendre par trois petits papis, qui "avaient bien compris que les jeunes avaient bien du courage", comme
ils disaient. Une autre fois, c'est une grand mère dans sa vieille deuche qui s'est arrêtée au bord de la route pour m'avancer de 2 km, comme ça, parce qu'elle a vu mon gros sac de sport. Mais
malheureusement, ils sont bien rares.
Enfin, bientôt viendra le temps où les jeunes prendront le pouvoir, et j'espère qu'ils seront plus indulgents avec les jeunes d'alors...


Bertrand Gilot 24/09/2009 21:54


Mais qui donc a déclaré un jour : "les vieux, il faudrait les tuer à la naissance" ?


Laure 27/08/2009 15:35

merci. Ce n'est pas un merci ironique. Mais voilà, j'ai 20 ans, et en outre je vis en institution psy. Alors vraiment parfois à force de me mettre en rage sur le site de libé face à des commentaires débiles de gens idiots qui pensent que les jeunes sont tous : 1 des cons
2 des profiteurs
3 des sans intérêts.
et qui d'autre part se permettent de porter des jugements de valeur sur la maladie psychique, ce message fait du bien. Il est parfois difficile d'avoir 20 ans en France. Mais ensemble, nous les jeunes, avec d'ailleurs les moins jeunes, parce qu'au final on n'est pas sectaires, on peut faire quelque chose. Enfin, je crois... Isn't it?

leonie 23/06/2009 18:35

P.S - pour éviter les fautes si on est trop tatillon il suffit de taper son texte dans Word, de corriger et de faire un copié/collé (subriller le texte et faire ctrl-insert pour copier et shift-insert pour coller.

leonie 23/06/2009 18:29

@Bertrand
J’ai remarqué effectivement ce lapsus mais seulement après avoir enregistré mon com., donc trop tard. Et puis j’ai la manie de vouloir toujours faire les choses aux mieux, raison pour laquelle cela m’a échappé à première vue.

@ Jean
C’était donc pour rire ? Quel humour ! J’ai marché au quart de tour, c’est un vieux réflexe (ou trop réactive) qui me colle à la peau et que je n’arrive pas à perdre malgré des efforts constants et dont mon entourage proche profite à fond sachant que je vais réagir. Parfois je reste de marbre, ce qui les déçoit franchement, parfois je fais semblant de marcher et c’est eux qui tombent dans le panneau et c’est moi qui me réjouis. On s’amuse comme on peut.
Pour ce qui est de Firefox qui souligne les fautes, Ca fonctionne comme dans Word, les fautes d’orthographe sont soulignées en rouge, la grammaire, ponctuation et espaces sont soulignés en vert, mais par contre certaines fautes de conjugaison ou autres ne le sont pas.

jean 23/06/2009 07:13

J'ai des preuves !
Lorsque je clique à droite sur les liens qui apparaissent en gris ici, il est écrit "pour Internet Explorer" uniquement. Et si je fais une faute en écrivant mon commentaire, Firefox me la souligne en rouge comme la maîtresse au primaire, doux souvenir, j'obtiens la même chose que précédemment en cliquant à droite pour avoir la correction automatique.
C'est un complot ou quoi ?

Au fait Léonie, c'était pour rire ! Ne m'en veuillez pas !

leonie 18/06/2009 21:47

PS - correction : "les seniors" à la place de "seigneurs"

Bertrand Gilot 23/06/2009 00:46


pourquoi corriger, il était très bien votre lapsus !



leonie 18/06/2009 21:44

@ Jean
La crise mondiale n'est pas le fait des jeunes, oh que non!. Si nous les moins jeunes avons créé la société de consommation actuelle, nous sommes les vendeurs, les premiers consommateurs et sommes bien contents de trouver des acheteurs potentiels, parmi les jeunes. Pourquoi nos dirigeants préfèrent-ils que les seigneurs restent au boulot le plus longtemps possible pendant que les jeunes chôment? Simplement parce que leur niveau de vie est plus élevés que celui des jeunes qui ne sont pas tous comme vous le décrivez. Mes 3 enfants ont appris à se comporter comme des citoyens honnêtes, travailleurs et respectueux de leurs semblables. J'en reveviens au problème de l'éducation des enfants : nous sommes les responsables des erreurs dans cette éducation . Il faut balayer devant sa porte de tant en tant. Quand à la guerre, est ce bien raisonnable quand on sait qu'à l'heure actuelle tant de gens qui souffrent se battent pour vivre en paix. La guerre est le fait de gens pourris et pervers. Malgré mon âge, je côtoie des jeunes qui ne sont pas des malfrats et sont compétents dans pas mal de domaines aussi bien que les anciens et j'espère qu'ils pourront réparer nos erreurs, parce qu'il y en a, ce serait se voiler la face que de ne pas l'admettre. Nous naissons, nous vieillissons, nous mourrons. Essayons au moins de ne pas devenir des vieux cons et mourir en vieux cons. Les jeunes ont besoins des anciens tout comme les anciens ont besoin des jeunes. Une paix entre générations s'impose pour construire et non détruire.

jean 14/06/2009 23:16

Pas d'accord, on peut avoir la machine à pain ET la yaourtière. D'abord, que les ceusses qui pestent contre les vieux fassent gaffe, la yaourtière et la machine à pain, c'est que des prémisses. A fumer à la marge dans les rave parties où ils se bouzillent les tympans au lieu d'aller gentiment acheter au supermarché la technologie que nous avons créé, les jeunes y provoquent la crise mondiale dans laquelle on est emmerdé maintenant.
Ben oui que c'est de leur faute ! Plus moyen de faire une bonne guerre maintenant. Parce que finalement, faut avoir mon âge canonique pour s'en rendre compte, la guerre, eh ben, ça a pas que des désavantages. On en revient des idées à la con, la paix et tout le toutim. Mais sans l'odeur de la guerre, le bruit de la guerre et toute son horreur, eh ben, on sait même plus ce que c'est que la paix.
Je sais que je vous choque mais c'est vrai quoi, il faut de tout pour faire un monde, même 51 % de cons, tien 51, si j'allais m'en jeter un moi !

Au fait, toi là, le psy, t'es même pas pour les logiciels libres, alors tu peux nous en mettre plein la vue avec ton blog qui refuse à Firefox d'ouvrir les liens et de corriger MES fautes. Tout de même !

Bertrand Gilot 23/06/2009 00:50


Pour Jean :
1) la guerre ? on y va droit, patience (c'est le moment d'acheter des actions Le Creusot et Krupps... ah non c'était celle d'avant ça, je m'y perds !).
2) je m'insurge ! mon blog est entièrement biologique, cuit au feu de bois sur Firefox et sans outil autre que la plateforme de l'hébergeur.


Michèle 19/05/2009 14:02

Bonjour, très bon post (faut-il que je précise que j'ai 29 ans depuis quelques jours, héhé). Et moi qui me demandais pourquoi je ne comprenais pas mes concitoyens, ma belle soeur qui croit qu'emmener sa fille promener c'est faire le tour des grandes surfaces asphaltées et qui comprend pas pourquoi on est contre le travail du dimanche... Le consumérisme ambiant me débecte, non je ne veux pas d'écran plat dans mon salon, elle comprend pas la dame qui me harcèle au téléphone pour savoir si je veux en gagner un, même que ça prend que quelques minutes pour répondre à ses questions! Après on récupère les gens surendettés en psy, ça fait du boulot à l'assistante sociale, et puis c'est normal d'être dépressif quand on va mettre 15 ans à rembourser ne serait-ce que les intérêts des crédits revolving qu'on a pris parce que c'est facile, réponse en 6 minutes et tu l'auras ta semaine de vacances en Croatie, ton home cinéma et ta machine à pain, comme tout le monde! La machine à pain a dû remplacer la yaourtière... Comment j'explique à mon fils de 4 ans qu'on se construit sur la frustration moi? Que l'acquisition de l'objet désiré ne comble pas ledit désir? Y'a du boulot... mais au moins la lecture de votre post me met du baume au coeur, je me sens moins seule! Ca me donne un peu de courage pour ma résistance personnelle à la société de l'hyperconsommation! Continuez à nous pondre des articles comme celui-ci!

leonie 18/05/2009 00:17

Perso, je crois que la jeunesse c'est à l'intérieur de soi qu'elle se trouve en vivant le temps présent en toute harmonie entre générations car on a tous besoin des uns des autres. La roue tourne, c'est ainsi depuis toujours, il faut l'accepter, de toute façon on n'a pas le choix. J'ai beaucoup aimé ce post car il y a beaucoup à dire sur le sujet.

leonie 17/05/2009 16:53

Mon interprétation ce cette génération qui peine à trouver sa place vient du fait que je fait partie de cette génération (54 ans le mois dernier), que j'ai 3 enfants (30, 25, 18) que j'ai éduqué dans le respect d'eux même, des autres et de la nature et autres... Apparemment ils ont assimilés les valeurs que je leur ai transmises. A côté de cela je respecte aussi leur liberté tout comme ils respectent la mienne et je suis toujours là au cas où. J'ai toujours discuté avec eux ce qui m'a permis de comprendre leur position par rapport à ma génération. J'avoue que moi même je suis effarée de la postion de certains de mes semblables de la cinquantaine, comme s'ils avaient régressé ou peut être pas avancé,difficile à dire. Du coup dire des choses sensées, c'est être vieux ou moralisateur. J'ai tellement de gens de ma génération autour de moi, proches, qui cherchent une seconde jeunesse que je m'interroge. Suis je à côté de mes pompes ou c'est eux qui le sont? parce ce que arborer un jean troué à la fesse ou un string qui dépasse du pantalon, s'éclater un boîte avec les enfants de ses amis plutôt qu'avec ces mêmes amis, ça laisse rêveur. Chacun fait ce qu'il veut certes, mais devant le mal être de sa progéniture dans ces cas là, il faut se poser des questions. Qui est la mère et qui est la fille? ou qui est le père ou le fils? c'est le constat qu'on fait beaucoup à l'heure actuelle. Si ça continue, les rôles vont être échangés, c'est plutôt inquiétant non?

Bertrand Gilot 17/05/2009 20:13


"Il faut se poser des questions" en effet... ce qui suppose un courage que manifestement tout le monde ne possède pas. Il est bien plus facile de se poser en censeur des désirs et des paresses
juvéniles, en nostalgique de l'ordre et du contrôle, tout en s'autorisant à soi-même toutes les gourmandises : ce ne sont pas les moins de 25 ans qui roulent en 4x4, prennent du viagra et se font
faire des liftings, ni qui font tout leur possible pour bloquer la carrière de leurs cadets. Il y a une grande immaturité en tous cas à chercher cette fameuse "deuxième jeunesse", comme si certains
n'avaient pas encore compris que le temps ne tourne que dans un sens.
Un de mes amis dit souvent "qu'ils fassent attention : le réel court vite..."


leonie 16/05/2009 17:09

Non non, le titre ne racole pas tant que ça et je trouve cet article très réaliste.Les jeunes sont ce qu'on a bien voulu faire d'eux par l'éducation. S'il y a problème, il faut avec assez d'humilité pour se remettre en question et chercher ce qu'on a raté dans cette éducation. Le conflit des générations a toujours existé, mais j'ai l'impression que l'adulte de la génération actuelle a du mal à trouver sa véritable place et a accepter de veillir, comme un soupçon de jalousie envers les jeunes, un regret de cette condition qui permet à beaucoup de se remplir les poches en exploitant ce désir de rester jeune. On retrouve cela dans les foyers (mère qui concurrence sa fille vestimentairement parlant ou dragant le copain de sa fille par ex.)et dans le travail où certains on peur que les jeunes, arrivants prennent leur place. J'ai souvent entendu cette phrase au boulot "les jeunes essayent de nous marcher dessus" et réaction conne, éviter de les former, les laisser se débrouiller seul. Moi même j'ai eu des réflexions imbéciles pour avoir aidé plus jeune que moi. Bref les individualistes se trouvent dans notre génération d'après guerre chouchoutée par la génération d'avant qui a beaucoup souffert. Peut être qu'en voulant effacer un passé douloureux, a t'elle oublié son devoir d'éduquer pour passer la main. L'avenir, c'est nos enfants encore faut-il que ces 71% de C. en aient pris conscience, ce qui n'est pas le cas puisqu'ils se sont fait plaisir à répondre à ce sondage.

Bertrand Gilot 17/05/2009 00:30


J'aime beaucoup votre interprétation sur la génération qui peine à trouver sa place, c'est tout à fait ça... sauf qu'elle l'ignore et projette tout son malaise sur les derniers arrivés, ce qui est
particulièrement malpoli (normal vu le complexe de l'enfant gâté que vous évoquez !). Vu de ma place (encore trentenaire) on a l'impression qu'un chaînon est brisé : on ne rencontre dans la
génération actuellement "au pouvoir" (les 50-65 ans) ni la sagesse ni la bienveillance de leurs prédécesseurs (mes grands-parents, disons). Ils n'en singent qu'un soit-disant sens de l'autorité,
mais en oubliant de l'adosser, de le légitimer par ce mouvement normal des générations qui est un mélange de transmission, de protection et d'aide à l'autonomisation.
Mais non, sitôt vendu le combi VW de leur jeunesse hippie, ils viennent nous claironner qu'ils "n'aiment pas les jeunes". Les cons... 

Tiens au fait ça me rappelle quelque chose, j'avais oublié... à croire
que ce thème me poursuit ? En tous cas concernant la formation des médecins ces phénomènes sont très visibles, comme je l'écrivais à l'époque.