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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 16:21
Voici un petit extrait de mon livre "Antidépresseurs : faut-il en prendre ou pas ?" concernant la symptomatologie dépressive. En espérant que ce petit texte de vulgarisation pourra rendre quelques services...

Le syndrome dépressif : des symptômes courants dont seul le regroupement est spécifique
[…]

Il existe des formes différentes de dépression, nous allons donc […] décrire ici une forme typique de dépression sévère, appelée selon les termes en vigueur actuellement « épisode dépressif majeur ». […]

La dépression se manifeste par un ensemble de symptômes qui concernent les émotions, les pensées, les comportements, les relations aux autres, le fonctionnement du corps. Chacun de ces symptômes, pris isolément et sur un laps de temps bref, peut être ressenti en dehors de la dépression par tout un chacun.  Ce qui est réellement spécifique de la dépression, c’est leur association et leur stabilité dans le temps (au moins deux semaines dit-on). Comme toutes les maladies, il arrive bien sûr que la symptomatologie soit incomplète (certains symptômes sont absents), masquée par une expression particulière (des douleurs physiques par exemple), ou déformée par un premier essai de traitement (y compris en automédication, y compris par de l’alcool ou du cannabis…). […]

Les principaux symptômes qui permettent de reconnaître la dépression sont :
-    la tristesse : […] elle n’est pas forcément au premier plan, elle peut même être quasi-absente notamment lorsque la dépression s’accompagne d’un état d’épuisement émotionnel où plus rien n’est ressenti […] son intensité peut atteindre des extrémités difficilement imaginables qui font parler de douleur morale. La moindre information de l’environnement est interprétée à travers ce filtre sombre. Des crises de larmes sont souvent associées bien qu’elles ne soient pas forcément en lien immédiat avec la tristesse proprement dite, on parle dans ce cas de labilité émotionnelle (les nerfs à fleur de peau dira-t-on).
-    L’impossibilité d’éprouver du plaisir dans les activités habituellement agréables : c’est l’anhédonie […]. Elle peut concerner tous les domaines de satisfaction, qu’il s’agisse par exemple de l’épanouissement professionnel, d’un loisir particulièrement investi, ou des relations sociales : « rien ne fait plaisir », on n’a « plus goût à rien », tout devient indifférent. Bien que très gênante, cette difficulté n’est que rarement un sujet de plainte.
-    L’absence de désir, d’envie, de projet, appelée aboulie, que l’on doit comparer avec le dynamisme habituel de la personne. Bien souvent cette difficulté à émettre la moindre initiative est plus remarquée par l’entourage que par le patient. Prévoir les prochaines vacances, une sortie ou l’organisation d’un événement minime devient un obstacle infranchissable, quel que soit le plaisir qui peut en être attendu. Il devient également difficile pour le dépressif de se projeter dans l’avenir, pouvant aller jusqu’à une sensation d’impasse.

Bien d’autres symptômes peuvent être présents, qui découlent plus ou moins de ces trois aspects fondamentaux :
-    La perte d’élan vital, [...] manque d’intérêt pour la vie, d’implication dans sa trajectoire de destinée, contrastant avec la manière d’être habituelle de la personne. L’image fréquemment donnée est celle d’une voiture qui a calé : on sait que les conditions sont réunies pour que tout fonctionne pour le mieux mais rien ne bouge et la volonté est impuissante (« le moteur est là mais ne tourne pas - et je ne trouve plus le démarreur »). Il s’y ajoute une thématique pessimiste qui s’étend à des domaines généralement bien investis. L’estime de soi peut également être profondément altérée, s’exprimant sous la forme d’idées autodépréciation parfois préoccupantes.
-    Le désir de vivre étant dilué voire perdu, les pensées relatives à la mort sont fréquemment signalées. Il peut s’agir de simples évocations abstraites sur la mort en général jusqu’à des préoccupations sur l’éventualité de sa propre mort (« ça serait aussi bien si j’étais mort ») voire un désir de mourir, qu’il soit passif (« si je pouvais tomber malade et y rester… ») ou actif avec des idées de suicide. Ces idées de suicide peuvent être plus ou moins réalistes, allant d’une vague ouverture sur la question (« si un jour je sens que je n’en peux plus… ») jusqu’à l’élaboration d’un projet de passage à l’acte - parfois dissimulé activement. […]
-    La démotivation, le désintérêt, l’ennui, sont à rapprocher de l’aboulie et de l’anhédonie. Cela peut toucher le travail et les projets de long terme, mais aussi les actes simples et nécessaires de la vie quotidienne : répondre aux courriers administratifs, faire les courses, le ménage, peuvent devenir inaccessibles. Au maximum, toute activité peut s’avérer impossible, jusqu’à ne plus pouvoir organiser ses repas ou se laver, on « se traîne », certains patients restant même bloqués au lit quasiment en permanence.
-    Les relations avec les autres, tous les autres – des plus intimes aux plus anonymes - deviennent difficiles, fatigantes, imposent un effort parfois même douloureux qui peut amener des manifestations de rejet ou d’irritation qui ne doivent pas être mal interprétées. Les initiatives deviennent rares ou absentes, mais il n’est pas rare de refuser aussi les sollicitations des proches : téléphone éteint, etc. Cette tendance au repli social isole, éloigne des amis, de la famille, des liens amoureux, privant le dépressif d’une source de soutien et de satisfaction. Cet isolement contribue à aggraver la sensation d’inutilité, d’incapacité et peut mettre la personne en réel danger.
-    Le plus souvent les grandes fonctions de base de la « vie instinctuelle » sont sévèrement perturbées par la dépression : le sommeil est rarement épargné, qu’il s’agisse d’insomnie d’endormissement avec des ruminations pessimistes ou tristes, ou plus spécifiquement de réveils en milieu ou en fin de nuit, au petit matin, parfois accompagnés d’une grande souffrance. A l’inverse pour certains c’est un excès de sommeil « refuge » qui se manifestera. L’appétit est fréquemment perturbé également, souvent diminué, parfois augmenté avec un recours excessifs aux aliments gras/sucrés. Enfin la sexualité […] est une des premières victimes de la dépression […].
-    La symptomatologie a tendance à évoluer au cours de la journée, qui débute souvent mal, avec une atténuation progressive quand approche la perspective du repos nocturne.
-    Les aptitudes que l’on nomme cognitives, en particulier l’attention, la concentration est la mémoire sont généralement affectées par la dépression, d’autant plus qu’il s’y associe souvent un ralentissement psychomoteur. Ces symptômes sont évidemment les plus handicapants quant à la poursuite du travail, et renforcent le sentiment d’incapacité du dépressif. […].

On ne rappellera jamais assez que tous ces symptômes :
-    ne sont pas très spécifiques pris isolément, n’ont de sens que regroupés entre eux et stables sur une période de temps conséquentes (l’ordre de grandeur de deux semaines paraît un minimum)
-    ne sont pas forcément présents tous en même temps ni avec la même intensité au cours de l’évolution chez la même personne.
-    doivent donc être impérativement évalués par quelqu’un dont c’est le métier, médecin généraliste ou si possible psychiatre, et cela sans délai une fois que l’on a commencé à se poser la question.

[…] Le dépressif sait qu’il va mal mais ne sait pas toujours qu’il est dépressif (« laissez moi, c’est juste une mauvaise passe »). Il sait encore moins souvent qu’il est possible de l’aider (« ce n’est pas un médicament qui va m’aider ! »). Penser qu’on ne peut pas être aidé est en soi un symptôme de la dépression : ce n’est pas le plus spectaculaire mais c’est peut-être le plus dangereux, car il conduit à ne pas se plaindre, à ne pas demander de soutien adaptée à la situation, qui peut dès lors risquer de s’aggraver… jusqu’où ? Quelqu’un qui va mal et qui ne se plaint pas n’est pas forcément quelqu’un de courageux mais assurément quelqu’un qui est en danger. Se plaindre est une attitude bien peu valorisée dans la culture occidentale, c’est pourtant un moyen efficace d’ouvrir, de décomprimer sa souffrance, c’est aussi déjà attendre un secours des autres.





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Published by Bertrand Gilot - dans La psychiatrie pour les nuls
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commentaires

www.symptomesgrippe.com 16/04/2013 21:36


Merci infiniment pour votre réponse, je ne manquerai pas de les ajouter.


Belle soirée,

www.symptomesdepression.com 11/04/2013 18:33


Bonjour,


 Pour ceux que cela intéresse, j'ai créé un site qui
rassemble tous les symptomes de la dépression, ses principaux traitements et modes de prévention.


 N'hésitez pas à faire un tour : http://www.symptomesdepression.com


Belle journée

Bertrand Gilot 12/04/2013 13:26



Effectivement il est intéressant de regrouper de manière brève et synthétique les symptômes les plus courants, cela peut aider des personnes souffrantes (et leur entourage !) à dépister les
troubles et les inciter à consulter. Si vous permettez je vous suggère d'ajouter les deux symptômes majeurs pour le diagnostic que sont l'aboulie (absence d'envie, de projets même banals) et
l'anhédonie (absence de plaisir avec les sources de satisfaction habituelles). Ces deux symptômes sont plus souvent présents que la tristesse (et sans doute plus discriminants en terme de
diagnostic). cordialement



alfktin 21/06/2009 22:37

Très intéressant ce blog, quant à mon commentaire sur cet article : je reconnais tous les symptômes de la dépression chez moi à part celui de penser qu'on ne peut pas être aidé. Même si cela reste relatif et même si la mesure de ce symptôme varie en fonction de l'intensité de l'épisode dépressif, je reste confiante dans cette idée d'aide, est-ce normal?

Bertrand Gilot 23/06/2009 00:44


Merci de votre question, qui met en avant toute la subtilité de "l'art" du diagnostic, en particulier en psychiatrie et plus encore concernant la dépression : aucun patient n'éprouve tous les
symptômes à un moment donné. La description que l'on fait d'une maladie est forcément abstraite, théorique. La formation des médecins consiste à démêler cette complexité et faire la part entre les
petits aléas du quotidien (psychologiques ou corporels) et le symptôme, qui indique un mal plus profond. Cette subtilité n'apparaît pas dans une liste de critères ou dans une description trouvée
sur internet... ni dans mon livre .

Au cours de la dépression, le sentiment que l'on ne peut pas être aidé est un symptôme courant mais heureusement pas systématique. C'est aussi un indicateur de gravité car il freine l'accès aux
soins. Cela dépend aussi de facteurs culturels et enfin bien sûr, des soins qui sont réellement accessibles. Et en l'occurrence beaucoup de gens n'imaginent pas qu'il existe des soins efficaces...
hélas.


bibifok 08/05/2009 12:46

Très interessant, avez vous deja traité de la bipolarité, je fait un dossier de temoignage sur cela, des patients, proche ou soignant, j'aimerais assez le votre si vous avez quelque à dire...
bi-bifok@live.fr
merci
j'aime beaucoup votre blog
bizz

Bertrand Gilot 08/05/2009 13:27


Oui je parle assez largement du trouble bipolaire dans le livre.
Je vous répondrai avec plaisir, mais si vous me posez des questions plus précises le sujet étant vaste et assez complexe.


leonie 04/05/2009 23:50

"Se plaindre est une attitude bien peu valorisée dans la culture occidentale" Sans doute, mais il y a ceux qui se plaignent sans arrêt et qui finissent par décourager ceux qui les entourent et même les médecins et pour lesquels on n'arrive plus à évaluer les plaintes à leur juste valeur, on ne sait plus si c'est vrai ou du cinéma. A quoi bon enquiquiner les autres avec ses problèmes alors qu'ils ont les leurs.

Bertrand Gilot 08/05/2009 13:25


Oui, mais les gens qui souffrent sans se plaindre, souffrent plus (il y a eu des études sur ce sujet), et ne peuvent recevoir, de fait, aucune aide. Se plaindre c'est attendre une aide - ne
serait-ce qu'une écoute, une prise en compte. Quand on ne se plaint pas c'est qu'on n'attend plus rien... C'est souvent le cas des personnes dépressives. Les gens qui se disent tout le temps déprimés n'en font pas forcément partie, d'ailleurs.


Emma 27/04/2009 12:29

Je pensais être dépressive mais du coup je ne sais plus, il se peut que je sois bipolaire. J'ai eu un méga épisode dépressif (le premier) fin 2005 et il a duré environ 8 mois. Puis plus rien jusqu'en 2007, j'en ai fait un petit qui n'a pas duré et je m'en suis sortie à la "force du poignée". Puis un second en Avril 2008, la j'ai revu ma psy car j'avais fait un épisode avec scarification ... j'ai repris mon suivi et mon traitement anti dépressif (je n'avais pas arreté l'IRS) mais le suivi psy uniquement car j'allais plutot bien. Et la je viens de refaire un nouvel épisode, je vais déjà mieux mais je suis à 20 mg de Seroplex au lieu de 10 habituel en plus pour compliquer les choses j'ai des antécédents epileptiques .... alors avec les sérotoninergiques c'est pa toujours simples il faut surveiller la couverture épileptogéne.
Je ne sais pas pourquoi c'est arrivé un jour comme ca. Mon inconscient lieu doit savoir mais je suis dans le déni. On me conseille l'hypnose afin d'extérioriser le mal être profond qui me ronge. Ah j'oublais j'ai été victime d'un pervers narcissique en 2005, pour en rajouter un peu ... mais ca je l'ai comment dire "digéré". Je pense que le mal être profond remonte à beaucoup plus loin, mais que même si ma conscience s'en doute un peu elle refuse de l'admettre et c'est le déni.
Je ne sais pas si on peut un jour guérir de la dépression mais je sais que pour moi chaque épisode est de plus en plus difficile à vivre. Je donnerai n'importe quoi pour avoir un souvenir de jours heureux. Je n'ai gout à rien et je me sens comme une coquille vide. Le pire, c'est que je fais vivre ca à mon conjoint que j'aime plus que tout et à mes 3 enfants qu j'adore mais qui malheureusment n'ont pas la maman qu'ils méritent.
Si vous avez une recette "miracle" pour que ca aille mieux ... ou même des conseils pas "miracles".
Je veux m'en sortir ... ce matin j'ai pleuré sans raison pourtant je suis sous seroplex (20mg), je n'aurais pas du ???

Bertrand Gilot 29/04/2009 00:34


Pas de réponse simple à une situation fort complexe... je me garderai bien d'évoquer ici, ni diagnostic ni commentaire sur votre prise en charge.
Néanmoins :
- il faut de longues, longues années d'observation sous l'oeil d'un spécialiste éclairé, avant de parler sérieusement de bipolarité, contrairement à ce qu'une vulgarisation mal ficelée tend à
prétendre aujourd'hui.
- les antidépresseurs ne sont pas là pour empêcher de pleurer - pas sûr que cela vous rassure (?)
- les IRS ne sont pas les seuls produits disponibles, ni toujours bien tolérés...
- à mon sens les antidépresseurs ne sont là que pour permettre un travail psychologique "de fond". Ils protègent des symptômes dépressifs et c'est sous couvert de cette protection que l'on peut
aborder - avec aide - une remise en cause de ses défenses psychiques. Sinon (traitement médicamenteux sans aide psychologique) on parlera trop facilement de "rechute" là où il n'y a, le plus
souvent, qu'une première dépression non ou mal "cicatrisée". Mais comme 90% des antidépresseurs sont prescrits par les confrères généralistes sans accompagnement psychologique, cela va durer
encore longtemps... D'un point de vue marketing, c'est pas grave : qui dit rechute dit nouvelle prescription.

Bref, je crois bien qu'il vous faut retourner voir votre psychiatre et refaire le point sur votre traitement, et sur les origines de vos soucis ?


leonie 24/04/2009 19:59

En parlant de baby blues, on parle toujours des mères, mais les pères dans tout ça, il existe des problèmes non négligeables. Ma fille aînée est entrain d'en faire le frais. Effectivement la naissance de son fils a déstabilisé le père qui a avoué suite à un superbe clash qu'il aimait son fils (3 ans aujourd'hui) mais qu'il en était jaloux. Du coup le couple a rompu et ma fille lui ayant demandé de voir un psychologue de couple ou un psychiatre, il a refusé estimant n'avoir aucun problème. Il n'y a pas beaucoup de solution dans ces cas là.

Bipote 23/04/2009 06:46

Bonjour,

La moitié des troubles bipolaires sont inaugurés par un épisode dépressif et un tiers au minimum des états dépressifs caractérisés évoluent vers un trouble bipolaire.

Je ne sais pas si vous en parlez dans votre livre mais traiter une dépression bipolaire avec des AD implique des précautions en raison du risque de virage maniaque, des épisodes mixtes, des cycles rapides, et favorise la chronicité.

Les antidépresseurs sont souvent utilisés en combinaison avec un stabilisateur de l'humeur pour traiter les épisodes de dépression mais ils sont considérés comme associés à un risque accru de basculement de l'humeur.

Les antidépresseurs (AD) doivent être utilisés de manière beaucoup plus restrictive qu’ils sont utilisés aujourd’hui dans la pratique médicale.

Comment faire la différence entre le trouble bipolaire et une dépression?

Les facteurs suivant peuvent indiquer que souffrir vraiment de trouble bipolaire et pas de dépression:

* Vous avez déjà eu plusieurs épisodes de dépression majeure
* Vous avez souffert de dépression majeure avant l'âge de 25 ans
* Quand vous n'êtes pas dépressif, votre humeur et votre niveau d'énergie sont plus élevées que celle des autres gens
* Quand vous êtes dépressif, vous dormez trop (20h par jour) et mangez trop
* Vos épisodes de dépression majeure sont court (moins de 3 mois)
* Quand vous êtes dépressif, vous perdez le sens de la réalite ou vous perdez contact avec le monde qui vous entoure
* Vous avez déjà souffert de dépression post-partum ou de baby blues
* Vous avez déjà connu une phase maniaque ou hypomaniaque en prenant des antidépresseurs
* Après quelques mois, vos antidépresseurs ne font plus effet
* Vous avez essayé au moins 3 antidépresseurs différents sans qu'aucun d'eux ne fonctionne.

vu sur depressionnerveuse.fr

Bonne compréhension!

Bertrand Gilot 23/04/2009 09:21


Oui tout à fait, j'évoque tout ça assez largement dans le bouquin, c'est un des risques graves et méconnus concernant les antidépresseurs. Les médecins généralistes (qui prescrivent 90 % des
antidépresseurs en France !) ne sont pas bien formés en psychiatrie, encore moins sur les troubles cycliques de l'humeur, qu'il s'agisse du diagnostic dans les phases précoces ou de la prise en
charge. C'est d'autant plus compliqué qu'il s'agit de limiter l'usage des antidépresseurs justement dans les dépressions les plus "inquiétantes", ce en quoi le spécialiste (psychiatre) a
généralement un peu plus de recul (et peut proposer d'autres moyens d'action). Et je ne parle même pas des (nombreux) autres spécialistes qui s'autorisent à prescrire des ATD sans rien comprendre
ni des symptômes visés, ni de leur mode d'action, ni de leurs risques. En répondant à toute crise de larmes par une ordonnance d'antidépresseurs on oublie le "primum non nocere" qui devrait guider
tout acte médical...

Je nuancerai cependant votre description en précisant au sujet du trouble bipolaire que :
- le "baby blues", manifestation émotionnelle brève (3-4 jours) et disparaissant spontanément, est très fréquent et n'est pas vraiment un indicateur de trouble bipolaire. La dépression du post
partum (dépression très profonde débutant dans les six mois après l'accouchement) est par contre un signe important et elle nécessite une vigilance attentive.
- la perte d'efficacité des ATD ne me paraît pas spécifique non plus.
- par contre on doit évoquer comme signe "d'alerte" l'existence de dépressions, de suicidees ou autres troubles évocateurs dans la famille (là encore, à pondérer selon l'histoire familiale, le
contexte, etc...).

BG


MIAOU 20/04/2009 11:44

Ce livre est un chef d'oeuvre!
belle écriture mélée d 'humour et de sensibilité.

Bertrand Gilot 29/04/2009 00:43


ah ben dit comme ça...

 


Léonie 17/04/2009 20:18

La phrase "Comme toutes les maladies, il arrive bien sûr que la symptomatologie soit incomplète (certains symptômes sont absents), masquée par une expression particulière (des douleurs physiques par exemple). Oui mais, des douleurs chez un non dépressif peuvent entraîner inversement une dépression. Je passe mes journées à taper des dossiers médicaux et tous les douloureux chroniques deviennent dépressifs et les dépressifs, douloureux chroniques pour la plupart. les traitement prescrit alors sont des anti dépresseurs dans les 2 cas mais différents selon le cas et à des doses différentes. De toute façon le problème n'est pas facile à régler dans les deux cas.

Bertrand Gilot 17/04/2009 21:22


Tout à fait, j'en parle à d'autres endroits du bouquin d'ailleurs. J'ajoute juste à vos précisions que la dépression augmente la sensation de douleur, à lésion identique.